Wednesday, January 26
Pour la version française, cliquez ici.
In any tragedy there are always miraculous moments. A couple of those moments occurred today.
The first was a privileged and lengthy discussion with the young man who works for us as a driver. We’ve been on the road for the last two days towards the northeast part of the country, to assess the health needs of Haitians who escaped Port-au-Prince. The exodus from Port-au-Prince happened in the days following the earthquake, as thousands of people fled to rural hospitals in search of the healthcare which the overwhelmed capital could no longer offer.
Our driver Christobal and I had a moment to chat this morning before we got back on the road. I asked him – as I asked all our staff – about his experience during the earthquake. He explained that although his house had been destroyed, his wife and two young sons survived, and they now sleep in the street like everyone else. But he went on to tell me an incredible story.

Christobal. Photo © MSF
The day after the earthquake, when he showed up at the MSF office, he learned that one of our expats (international staff) was buried alive after the house she lived in was destroyed. One of Christobal’s colleagues had heard her muffled yell from deep in the basement, below the two floors that had crashed on top of her. Christobal with three other colleagues convinced the MSF head of mission to let them dig her out of the house with their bare hands. The alternative was to wait for a clean-up crew with a crane and truck but the probabilities of that team showing up were at best 48 hours, at worst, several days. They could not accept to wait that long when they knew they could roll up their sleeves and try their best to pull her out.
There was a big risk that the removal of pieces of concrete could further destabilize the structure and kill them. But time was of the essence. So at 11 am on January 13, 15 hours after the earthquake occurred, they started pulling away the concrete pieces and twisted metal and debris, one by one. They created a tunnel that was only wide enough to allow one person to crawl on their stomach and pull themselves forward inch by inch. At one point during the digging when one of his colleagues was in the tunnel, an aftershock shook the building though luckily nothing moved.
Eventually, about five hours after they started, they made contact with the expat, and slowly pulled her out. She escaped with cuts and bruises and fortunately no broken bones. Her survival was a true miracle. But Cristobal and his colleagues’ bravery, and potential self sacrifice trying to save her, is humbling. Not once did he or his colleagues think twice about risking their life to save hers. I don’t know if I would have the courage to do the same. As he said to me this morning: “There is no tomorrow. There is only today, and living for today. Because we just don’t know what can happen tomorrow.”
The second miracle happened later in the morning. I was in the Dajabon hospital, in the border town in Dominican Republic about 10 hours drive from Port-au-Prince, visiting the wards with my colleagues. We are assessing the needs of patients who may have come to Dominican Republic after the earthquake. As we stepped into the post-operative ward, a young sickly woman gestured to me to come to her bed. When I approached her she barely whispered something in Spanish, but I quickly understood she was Haitian. “I’m a nurse,” she said, “I was working for MSF in Port-au-Prince when the earthquake happened.”
“You were working at the maternity hospital?” I asked her. “Yes, I was injured in the earthquake, but my family found me and brought me here to Dajabon.” This very morning MSF had a moment of silence in the memory of our missing staff, for those who had not been accounted for after the earthquake destroyed our hospitals. The chances were incredibly small that I would find one of our missing staff in Dominican Republic. I was so grateful to be part of chain and reconnect a missing link. And to witness these little miracles.
Click here for English version
Mercredi, 26 janvier
Même dans une tragédie, il y a toujours des miracles qui peuvent se produire. Aujourd’hui, j’ai eu la chance d’en vivre quelques-uns.
Le premier moment magique que j’ai vécu a été une discussion intense et privilégiée avec un jeune homme qui travaille comme conducteur pour MSF. Nous avons passé les deux jours précédents sur la route en direction du nord-est pour évaluer les besoins médicaux des Haïtiens qui ont fui Port-au-Prince. L’exode s’est produit dans les jours qui ont suivi le séisme, avec des milliers de personnes cherchant à obtenir dans les hôpitaux des campagnes les soins que la capitale, complètement submergée, ne pouvait plus leur fournir.
Ce matin, Christobal, notre conducteur, et moi-même avons eu la possibilité de converser un peu avant de reprendre la route. Comme je le fais avec tout notre personnel, je lui ai demandé de me parler de ce qu’il avait vécu pendant le tremblement de terre. Celui-ci m’a expliqué que, malgré le fait que sa maison se soit écroulée, sa femme et ses deux jeunes fils ont survécu. Ils dorment maintenant dans la rue comme le reste de la population. Toutefois, son récit ne s’est pas terminé là.

Christobal. Photo © MSF
Au lendemain du tremblement de terre, en arrivant au bureau de MSF, il a appris qu’une de nos expatriés (personnel international) avait été enterrée vivante sous les décombres de la maison dans laquelle elle vivait. Un des collègues de Christobal avait entendu ses cris étouffés provenant du sous-sol de la maison où elle était ensevelie sous les deux étages de la maison qui s’étaient affaissés au-dessus d’elle. Christobal, aidé de trois autres collègues, ont réussi à convaincre leur chef de mission de les laisser creuser à mains nues pour la dégager de la maison. L’autre possibilité était d’attendre que les équipes de déblayement équipées d’un camion et d’une grue arrivent, ce qui n’aurait pas lieu vraisemblablement avant 48 heures, dans le meilleur des cas, voire plusieurs jours après. Ils ne pouvaient se résoudre à attendre aussi longtemps sans rien faire alors qu’ils pouvaient retrousser leurs manches et faire leur possible pour la sortir de là.
En déplaçant les morceaux de béton, ils couraient toutefois le risque de déstabiliser encore davantage la structure et de périr eux-mêmes sous les gravats. Mais le temps était compté. Ainsi, le 13 janvier, à 11 heures, c’est-à-dire 15 heures après le désastre, ils ont commencé à enlever un par un les morceaux de béton, les barres de métal tordues et les débris. Ils ont créé un tunnel suffisamment large pour permettre à une personne de ramper sur le ventre et de progresser dans le passage centimètre par centimètre. À un moment donné, alors qu’un des collègues se trouvait dans le tunnel, une secousse s’est fait sentir, faisait frémir le bâtiment tout entier, mais sans rien déplacer fort heureusement.
Après cinq heures d’efforts, ils ont fini par rejoindre l’expatriée et à la sortir lentement. Ce n’est qu’avec quelques coupures et contusions que cette dernière est ressortie de son refuge, heureusement sans aucune fracture. On peut dire que c’est un vrai miracle qu’elle ait survécu. On ne peut que ressentir de l’humilité devant le courage de Christobal et de ses collègues qui ont risqué leur vie pour la secourir. Ni lui ni ses confrères n’ont réfléchi à deux fois lorsqu’ils ont décidé de mettre leur vie en danger pour la sauver. Je ne sais pas si j’aurai eu le courage de faire de même. Pour reprendre ses paroles de ce matin : « Il ne faut pas penser à demain, il n’y a qu’aujourd’hui qui compte, et vivre le présent, car on ne sait pas de quoi demain sera fait. »
Le deuxième miracle s’est produit plus tard dans la matinée. Je visitais avec mes collègues les différents services de l’hôpital Dajabon en République dominicaine, près de la frontière haïtienne, à environ 10 heures de route de Port-au-Prince. Nous faisions une évaluation des besoins des patients qui s’étaient rendus en République dominicaine après le tremblement de terre. Lorsque nous sommes arrivés au service des soins postopératoires, une jeune patiente m’a fait signe de m’approcher. Lorsque je suis arrivée à son chevet, elle m’a murmuré quelque chose en espagnol, mais j’ai vite compris qu’elle était Haïtienne. « Je suis infirmière, m’a-t-elle dit. Je travaillais pour MSF à Port-au-Prince lorsque le tremblement de terre est arrivé. »
« Vous travailliez à la maternité? », lui ai-je demandé. « Oui, j’ai été blessée pendant le séisme, mais ma famille m’a trouvée et emmenée ici à Dajabon. » Le même jour, dans la matinée, MSF avait eu un moment de silence en souvenir des membres du personnel disparus et ceux dont nous étions sans nouvelles après que le tremblement de terre détruise nos hôpitaux. Quelle était la probabilité de retrouver en République dominicaine un de nos membres disparus? Ce fut un réel bonheur pour moi de faire partie de la chaîne qui permit de reconnecter un maillon manquant. Et aussi d’être le témoin d’un autre petit miracle.
January 29th, 2010 at 1:20 pm
Hello. I just wanted to let you know that our prayers and thoughts are with everyone in Haiti, the people who live there and the people who have gone to help. I wish I was a little younger and in better health and I would be over there as well. We have donated to Doctors without Borders and are asking our friends to do so as well. Keep up the good work.
January 29th, 2010 at 7:22 pm
I have made MSF my charity of choice for the last few years and reading your words make me more certain than ever that I made the right choice. I have never seen a more professional organization. You don’t just jump into situations because of media attention, but you plan all your activities with care and attention so that your impact is the greatest. Thank you for all you’ve done and all you are doing. I am convinced you are making a tremendous difference in the lives of so many unfortunate people. You are the example to all organizations out there. Well done!
January 30th, 2010 at 10:19 am
Thank you for sharing your experiences in Haiti with those of us who are unable to be there. Although the devastation from the earthquake has been catastrophic your journal entry is filled with HOPE for the Haitian people. And that sense of hope is exactly what will carry them forward each and every day. My prayers are with the Haitian people and those of you who are there to assist them in so many ways.
I will tell my friends about this truly informative website and your informative and heartfelt journal entries.