Saturday, January 23

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Things are slowly changing. In fact everyday when I walk into our office and our hospitals there are small noticeable changes and supplies are finally piling up in our storage, there is some order to the madness. MSF’s program is also evolving. I was speaking to a mental health expert who was explaining that this phase of counselling is mostly about information sharing: making sure people know where to get healthcare, explaining what are earthquakes, etc. Only when people are ready, will they begin to talk about what they’ve been through. Most have not fully absorbed the impact of what they have experienced. It may happen in a few days or a few weeks, when they realize what it means to lose their house, their family member, their belongings, their job, or all the references to their old life.

We’re also entering a new phase medically speaking, where the injured who have not gotten care yet are entering a critical phase of septicemia, or those who have received treatment are now being followed up with fresh wound dressing and bandages. The teams are still working hard to treat as many as possible, always trying to save what they can on so many injured bodies. The decision to amputate a limb is never easy. Our doctors prefer to save limbs whenever possible and will treat the patient first to do this. But gangrenous tissue puts the patient’s life at risk, as the infection spreads to the rest of the body. Amputations can be a shock for our patients. But the decision, as difficult as it, is always done to ultimately save their lives. A doctor told me yesterday that despite the decision to amputate a young boy’s foot, the youngster sought her out to thank her for helping him.

Fortunately, there are more and more organizations setting up activities, mostly in the southwestern region of Haiti around the epicentre. It may cause some confusion in the distribution of aid, for example, when two or three hospitals are set up in the same small community. Ultimately, if people can get the immediate care they need, this is all that matters.

I visited a phenomenal structure today: MSF’s inflatable hospital, located in a football field behind a school in downtown Port-au-Prince. It’s an ideal structure in a setting where people are too afraid to work in buildings. There is a pharmacy, two operating theatres, an in-patient and out-patient department and many other services. It so new, it smells exactly like a brand new dingy or inflatable boat. In this 100-bed hospital we will be able to treat more patients faster without the fear of walls and the roof falling on our patients. Our Haitian staff have also started coming back to work. They too will feel safer in such a structure, after the horrific experience of MSF’s Trinité hospital crashing on their heads.

The interior of MSF's inflatable hospital during setup.

The interior of MSF's inflatable hospital during setup. Photo © MSF

I saw our little miracle baby again with the amputated arm I met a few days ago in our hospital. A doctor named her Gabrielle, after his own daughter, because we don’t know her real name. It turns out her parents were killed in the earthquake and no one else in her family has claimed her. Not only did she lose her arm, but she also received serious trauma to her head during the quake so had to have cranial surgery. I’m very upset to hear from the doctor later this evening that she’s developed a fever. This is not a good sign for a little baby with such serious injuries. I want her to survive, she has made it through so much already. In a few months when she has passed the most critical phase, the team will look for an organization to take care of her.

Baby Gabrielle. Photo © MSF

Baby Gabrielle. Photo © MSF

The tremors are also persisting. After the big scare Tuesday morning, there were three more smaller ones. Just to make sure I don’t imagine things, I’m keeping a half empty bottle of water next to me on the desk. If the water shakes in the bottle, I know it’s a tremor and not just my imagination.

Tonight there was a huge fire burning in the central part of town. There is talk of people looting and burning buildings. People are asking for work and are hungry. The World Food Program was distributing food near our hospital. There must have been hundreds of people pressing against each other, running after the truck when it tried to drive away. There are make-shift signs in the street, painted letters on bed sheets, with messages like ‘SOS’ and ‘We need food and water.’ Everyone is still sleeping outdoors, and washing themselves in the street, in the parks, wherever they find a spot they are comfortable with. The trauma of the quake is profound. People don’t talk about it necessarily, but their behaviour speaks louder than words.

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Samedi 23 janvier

Les choses changent peu à peu. En effet, chaque jour quand je me rends au bureau et dans nos hôpitaux, je remarque de petits changements, comme notre stock qui grossit enfin. L’ordre se rétablit progressivement au milieu du chaos. Le programme MSF progresse lui aussi. Je parlais avec un spécialiste en santé mentale qui me disait que durant cette phase de counseling, le plus important est surtout de faire circuler l’information, c’est-à-dire s’assurer que les gens savent où se tourner pour recevoir des soins, expliquer ce qu’est un tremblement de terre, etc. Ce n’est que lorsque les gens seront prêts qu’ils pourront commencer à parler de ce qu’ils ont vécu. La plupart n’ont pas encore totalement réalisé toute l’ampleur de ce qu’il vient de se produire. Ce n’est peut-être que dans quelques jours, ou dans quelques semaines qu’ils réaliseront pleinement qu’ils ont perdu leur maison, des membres de leur famille, leurs biens, leur travail ou bien tout ce qui constituait leur vie d’avant.

Une nouvelle phase s’amorce aussi du point de vue médical. Il s’agit d’une phase critique où les blessés qui n’ont pas reçu les soins appropriés risquent de développer des septicémies et où ceux qui ont été soignés doivent maintenant avoir leurs pansements et leurs bandages changés régulièrement. Les équipes continuent de s’efforcer de prendre en charge le plus de patients possible, à sauver ce qu’ils peuvent sur les nombreux corps mutilés. La décision d’amputer un membre n’est jamais aisée. Nos médecins préfèrent sauver les membres d’un patient et font tout ce qu’ils peuvent pour cela. Toutefois, les tissus gangrénés mettent la vie du patient en danger car l’infection se propage dans le reste du corps. Les amputations peuvent être un choc pour nos patients. Mais la décision, aussi difficile soit-elle, est toujours prise dans l’optique de sauver la vie du patient. Une femme médecin m’a dit hier que malgré le fait qu’elle avait dû amputer le pied d’un jeune garçon, celui-ci est ensuite venu la voir pour la remercier de l’avoir aidé.

Heureusement, de plus en plus d’organisations démarrent des activités, la plupart dans la région sud-ouest d’Haïti, près de l’épicentre. Ceci peut engendrer une certaine confusion dans la distribution de l’aide, par exemple lorsque deux ou trois hôpitaux sont installés dans la même petite communauté. Après tout, si les gens peuvent recevoir les soins immédiats dont ils ont besoin, c’est tout ce qui importe.

J’ai découvert une structure fantastique aujourd’hui : l’hôpital gonflable MSF, situé dans un terrain de football derrière une école de Port-au-Prince. C’est une structure idéale, en particulier dans un contexte où les gens sont terrorisés de travailler dans des bâtiments. Elle comporte une pharmacie, deux salles d’opération, un département de consultations internes et externes et bien d’autres services. L’hôpital est tellement neuf qu’il sent comme un canot pneumatique ou un bateau gonflable. Dans cet hôpital de 100 lits, nous serons en mesure de prendre en charge plus de patients et plus rapidement, sans avoir peur que les murs ou le toit ne tombent sur nos patients. Notre personnel national a aussi commencé à revenir au travail. Eux aussi se sentiront plus en sécurité dans une telle structure, en particulier après avoir vécu une expérience telle que celle de voir l’hôpital de la Trinité s’écrouler sur leur tête.

Photo © MSF

Vue de l'intérieur de l'hôpital gonflable MSF pendant son installation. Photo © MSF

Aujourd’hui j’ai revu notre bébé miraculé dont le bras a été amputé et que j’avais vu il y a quelques jours à l’hôpital. Le médecin l’a appelée Gabrielle, comme sa propre fille, parce que nous ne connaissons pas son nom. Il s’avère que ses parents ont été tués dans le tremblement de terre, et aucun membre de sa famille n’est venu la chercher. Elle n’a pas seulement perdu un bras, mais elle a aussi subi un grave traumatisme à la tête pendant le séisme, et a donc dû recevoir une chirurgie crânienne. Je suis très triste d’apprendre dans la soirée de la bouche du médecin qu’elle a développé de la fièvre. Ce n’est pas bon signe pour un petit bébé qui a de telles blessures. Je veux qu’elle survive, elle est déjà parvenue à le faire jusqu’à maintenant. Dans quelques mois, lorsqu’elle aura passé la phase la plus critique, l’équipe cherchera une organisation pour s’occuper d’elle.

Petite Gabrielle. Photo © MSF

La petite Gabrielle. Photo © MSF

Les secousses continuent de se faire sentir. Après la grosse frayeur que nous avons eue mardi, trois autres, plus petites, ce sont produites. Juste pour être sûre que je ne suis pas victime d’allucinations, je garde une bouteille d’eau à moitié pleine sur le bureau à côté de moi. Si l’eau bouge dans la bouteille, je sais que c’est une secousse et non mon imagination.

Ce soir, il y avait un grand incendie qui brûlait dans la partie centrale de la ville. Des rumeurs circulent selon lesquelles des gens pillent et mettent le feu à des bâtiments. Les gens demandent du travail et ont faim. Le Programme alimentaire mondial distribuait de la nourriture près de notre hôpital. Il devait y avoir au moins des centaines de personnes à se presser les unes contre les autres, courant après le camion lorsqu’il a tenté de reprendre la route. Des panneaux de fortune, écrits en lettres peintes sur des draps, emplissent les rues avec des messages comme « SOS », ou « Nous avons besoin d’eau et de nourriture ». Tout le monde dort encore dehors et se lave dans la rue, dans les parcs, là où les gens trouvent un endroit dans lequel ils se sentent à l’aise. Le traumatisme lié au tremblement de terre est profond. Les gens n’en parlent pas forcément, mais leur comportement le démontre bien plus que leurs mots.

3 Responses to “Saturday, January 23”

  1. Pierre Rheault Says:

    BravoS our l’Énorme travail que vous accompliisez dans des conditions aussi difficiles.

    PS: petit salut à Patrick Robitaille qui est avec vous depuis les premiers jours.

  2. blanc Says:

    bravo à tous les secouristes et sauveteurs médeçins qui font vraiment un boulot énorme pour porter secours aux sinistrés moralement et physiquement.lorsque de telles catastrophes arrivent ils faut vraiment donner pour aider ces populations en détresse.

  3. esthetique Says:

    Bravo pouce énorme travail
    jb

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