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	<title>Namaste</title>
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		<title>Fin de mission</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Jun 2008 22:20:00 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Je suis dans le Tera&#239; depuis 3 semaines. J&#8217;ai travaill&#233; en cliniques mobiles ici le temps de me r&#233;tablir de ma blessure au genou. Le climat chaud et humide et l&#8217;environnement sont tout &#224; fait diff&#233;rents des montagnes. Ici tout est plat et rempli de champs de culture: riz, ma&#239;s, concombre, courges, Il y a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis dans le Tera&iuml; depuis 3 semaines.  J&#8217;ai travaill&eacute; en cliniques mobiles ici le temps de me r&eacute;tablir de ma blessure au genou.  Le climat chaud et humide et l&#8217;environnement sont tout &agrave; fait diff&eacute;rents des montagnes.  Ici tout est plat et rempli de champs de culture:  riz, ma&iuml;s, concombre, courges, Il y a aussi plusieurs arbres fruitiers:  mangues, bananes, lychees, etc.  Il para&icirc;t que cela ressemble beaucoup &agrave; l&#8217;Inde.  Le N&eacute;pal est petit mais ce pays a une diversit&eacute; incroyable.  Je suis contente d&#8217;avoir eu l&#8217;occasion d&#8217;en conna&icirc;tre diff&eacute;rentes facettes.</p>
<p>Mon genou va bien maintenant, je ne ressens aucune douleur.  Mais je ne retournerai pas &agrave; Kalikot.  C&#8217;est donc ici que se termine ma mission au N&eacute;pal.  Je suis &eacute;videmment bien d&eacute;&ccedil;ue.  Kalikot me plaisait beaucoup et je n&#8217;ai pas pu y accomplir le travail que je devais accomplir.  Un &eacute;v&egrave;nement f&acirc;cheux mais accidentel et incontr&ocirc;lable m&#8217;en ayant emp&ecirc;ch&eacute;e.  J&#8217;ai pass&eacute; de bons moments au N&eacute;pal, dans les montagnes et dans le Tera&iuml;, autant sur le plan personnel que professionnel.  J&#8217;en garderai de bons souvenirs.</p>
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		<title>En clinique mobile</title>
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		<pubDate>Thu, 29 May 2008 22:10:00 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Je travaille maintenant avec l&#8217;&#233;quipe m&#233;dicale dans les cliniques mobiles du Tera&#239;. Nous partons le matin avec un peu d&#8217;&#233;quipement m&#233;dical et des m&#233;dicaments et rentrons &#224; la base le soir m&#234;me. Nos cliniques se trouvent &#224; environ une heure de route. Nous travaillons sous des tentes. Il fait extr&#234;mement chaud, autour de 40C. Dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je travaille maintenant avec l&#8217;&eacute;quipe m&eacute;dicale dans les cliniques mobiles du Tera&iuml;.  Nous partons le matin avec un peu d&#8217;&eacute;quipement m&eacute;dical et des m&eacute;dicaments et rentrons &agrave; la base le soir m&ecirc;me.  Nos cliniques se trouvent &agrave; environ une heure de route.  Nous travaillons sous des tentes.  Il fait extr&ecirc;mement chaud, autour de 40C.  Dans les prochaines semaines nous devrons d&eacute;m&eacute;nager dans des locaux afin de pouvoir continuer nos activit&eacute;s pendant la saison des pluies qui arrive &agrave; grands pas.</p>
<p>Certains patients marchent plusieurs heures, presque une journ&eacute;e pour avoir acc&egrave;s &agrave; des soins de sant&eacute; gratuits.  Les patients sont souvent trop nombreux pour que nous puissions tous les voir.  Nous devons trier les cas les plus urgents.  Une des urgences est la malnutrition.  Quand on parle de malnutrition, on ne parle pas de &laquo; mal-bouffe &raquo; ou d&#8217;un abus de gras et de sucre.  On parle ici d&#8217;enfants en pleine croissance qui ne re&ccedil;oivent pas les nutriments n&eacute;cessaires &agrave; leur d&eacute;veloppement.  Nous avons admis 16 nouveaux patients dans notre programme de nutrition cette semaine.  En quatre mois,  pr&egrave;s de 70 patients ont &eacute;t&eacute; admis.  Il semble qu&#8217;une cause importante de la malnutrition ici soit les mauvaises pratiques de sevrage d&#8217;allaitement maternel.  Les mamans ne savent pas pr&eacute;parer une nourriture ad&eacute;quate pour leurs enfants, elles leur donnent le mets traditionnel, le dal-bhat (riz et lentilles).  Les enfants mangent tr&egrave;s peu, souffrent de carences et s&#8217;en suivent les probl&egrave;mes de d&eacute;veloppement physique et intellectuel.  Les enfants admis dans notre programme de nutrition re&ccedil;oivent des sachets contenants une p&acirc;te &agrave; base d&#8217;arachide sp&eacute;cialement riche en &eacute;nergie et en prot&eacute;ines (Ready-to-Use Therapeutic Food).  Ils doivent manger 2 &agrave; 5 paquets par jour selon leur poids, accompagn&eacute;s d&#8217;une alimentation normale.  On passe beaucoup de temps &agrave; expliquer aux m&egrave;res les bonnes pratiques d&#8217;hygi&egrave;ne et de pr&eacute;paration des repas.  Les enfants sont suivis chaque semaine pour d&eacute;tecter les probl&egrave;mes m&eacute;dicaux, r&eacute;p&eacute;ter l&#8217;enseignement et suivre leur prise de poids.  Nos patients sont lib&eacute;r&eacute;s lorsqu&#8217;ils atteignent et maintiennent un poids satisfaisant.  Une de nos patientes mal nourries  a souffert de malaria cette semaine.  Elle a re&ccedil;u une m&eacute;dication ad&eacute;quate et quelques jours plus tard elle s&#8217;amusait avec moi &agrave; la clinique.</p>
<p>Cette semaine j&#8217;ai rencontr&eacute; une m&egrave;re qui vient en cachette au programme de nutrition avec son enfant car sa belle-famille le lui interdit.  Elle leur dit qu&#8217;elle va au march&eacute; puis elle passe nous voir.  Malheureusement, nous devons fermer cette clinique parce que la route n&#8217;est pas praticable pendant la saison des pluies.  Je lui rappelle l&#8217;importance de poursuivre le programme m&ecirc;me si elle doit changer de clinique.  Mais elle me dit que notre autre clinique est trop &eacute;loign&eacute;e de chez elle pour qu&#8217;elle puisse continuer &agrave; venir en cachette.  Que r&eacute;pondre &agrave; cela?  J&#8217;ai insist&eacute; sur l&#8217;importance de pr&eacute;parer une nourriture ad&eacute;quate pour son enfant, en esp&eacute;rant qu&#8217;il se d&eacute;veloppe normalement malgr&eacute; l&#8217;abandon de notre programme.</p>
<p align="center"><img src="http://www.msf.ca/blogs/IsabelleC/files/2008/05/ATFP.jpg" border="1" width="400" height="533" /></p>
<p>Un autre probl&egrave;me trop fr&eacute;quent est le prolapsus ut&eacute;rin, l&#8217;ut&eacute;rus descend dans le vagin jusqu&#8217;&agrave; sortir &agrave; l&#8217;ext&eacute;rieur du corps.  Ce probl&egrave;me m&eacute;dical est tr&egrave;s fr&eacute;quent au N&eacute;pal.  Au Canada j&#8217;ai rencontr&eacute; quelques cas de prolapsus ut&eacute;rins dans ma pratique, mais plut&ocirc;t rarement et toujours chez des femmes &acirc;g&eacute;es.  Ici, de jeunes femmes de 25 ans en souffrent.  Il est difficile d&#8217;expliquer pr&eacute;cis&eacute;ment quelle en est la cause mais quelques hypoth&egrave;ses sont soulev&eacute;es.</p>
<p>Selon la tradition, la femme n&eacute;palaise est consid&eacute;r&eacute;e impure lorsqu&#8217;elle accouche.  Beaucoup de N&eacute;palaises, surtout en r&eacute;gion rurale, ont donc comme pratique d&#8217;accoucher seule, sans aide, souvent dans une grange avec les animaux.  Elles n&#8217;ont pas de notion de bonne m&eacute;thode d&#8217;accouchement et leur m&egrave;re n&#8217;est pas pr&eacute;sente pour les aider.  Elles peuvent commencer &agrave; pousser alors que le col de l&#8217;ut&eacute;rus n&#8217;est pas compl&egrave;tement ouvert, elles peuvent pousser sur le fond ut&eacute;rin afin de propulser le f&oelig;tus vers le vagin, etc.  Apr&egrave;s l&#8217;accouchement, elles tirent parfois sur le cordon ombilical dans le but de faciliter l&#8217;expulsion du placenta.  Ensuite, elles demeurent souvent seules pendant une dizaine de jours, sans sortir.  Elles n&#8217;ont pratiquement rien &agrave; manger.  Puis, lorsqu&#8217;elles rejoignent le monde ext&eacute;rieur, elles doivent reprendre le travail dans les champs tr&egrave;s rapidement sans laisser le temps &agrave; leur corps de r&eacute;cup&eacute;rer de la grossesse et de l&#8217;accouchement.  L&#8217;ensemble de ces facteurs peut contribuer &agrave; un prolapsus ut&eacute;rin.  C&#8217;est incroyable de voir de jeunes femmes en souffrir alors qu&#8217;elles n&#8217;ont eu qu&#8217;un seul enfant.</p>
<p align="center"><img src="http://www.msf.ca/blogs/IsabelleC/files/2008/05/HEANC.jpg" border="1" width="400" height="300" /></p>
<p>Le prolapsus ut&eacute;rin cause des probl&egrave;mes de miction et de d&eacute;f&eacute;cation, engendrent de la douleur lors de la marche et des activit&eacute;s quotidiennes, sans compter les difficult&eacute;s &agrave; avoir des rapports sexuels et concevoir des enfants.  Nous pouvons aider ces femmes en leur installant un pessaire, c&#8217;est un anneau qu&#8217;on introduit dans le vagin pour retenir l&#8217;ut&eacute;rus en place.  Cela peut aider temporairement, mais la solution d&eacute;finitive est chirurgicale.  Quelques camps chirurgicaux sont organis&eacute;s au N&eacute;pal pour corriger les prolapsus ut&eacute;rins.  MSF collabore &agrave; l&#8217;organisation d&#8217;un de ces camps en juin.  MSF participe aussi &agrave; l&#8217;&eacute;ducation des femmes sur les bonnes m&eacute;thodes d&#8217;accouchement.  Nous encourageons les femmes &agrave; venir accoucher dans les structures de sant&eacute; afin de recevoir le support ad&eacute;quat.</p>
<p>Nous passons beaucoup de temps sur la promotion &agrave; la sant&eacute; et l&#8217;hygi&egrave;ne.  Chaque journ&eacute;e commence par une s&eacute;ance de promotion &agrave; la sant&eacute; pour toutes les personnes pr&eacute;sentes.  Cela s&#8217;ajoute &agrave; l&#8217;information plus cibl&eacute;e et personnalis&eacute;e donn&eacute;e &agrave; chaque patient qui consulte.  Nous esp&eacute;rons contribuer ainsi &agrave; l&#8217;am&eacute;lioration de la qualit&eacute; de vie des gens.</p>
<p align="center"><img src="http://www.msf.ca/blogs/IsabelleC/files/2008/05/Pharmacy.jpg" border="1" width="400" height="300" /></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Un petit voyage à Kathmandu</title>
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		<pubDate>Sun, 18 May 2008 04:47:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>isabellec</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Apr&#232;s 10 jours de repos, ma douleur au genou persistait alors on a d&#233;cid&#233; que je devais aller &#224; Kathmandu pour voir un sp&#233;cialiste. Comme mon travail comporte beaucoup de marche en montagne, vaut mieux savoir ce qu&#8217;il en est et tenter de savoir si je peux partir en &#171; Outreach &#187; prochainement. Mais le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">Apr&egrave;s 10 jours de repos, ma douleur au genou persistait alors on a d&eacute;cid&eacute; que je devais aller &agrave; Kathmandu pour voir un sp&eacute;cialiste. Comme mon travail comporte beaucoup de marche en montagne, vaut mieux savoir ce qu&rsquo;il en est et tenter de savoir si je peux partir en &laquo; Outreach &raquo; prochainement. Mais le voyage vers Kathmandu n&rsquo;est pas simple. Avec mon genou bless&eacute;, je ne peux pas marcher toute une journ&eacute;e pour me rendre au v&eacute;hicule avant de faire les 12 heures de voiture puis le vol en avion pour finalement arriver &agrave; Kathmandu. Alors on a trouv&eacute; une solution :&nbsp; je suis partie &agrave; dos de cheval. </p>
<p>J&rsquo;ai quitt&eacute; le projet jeudi, le 8 mai &agrave; 7h15, avec des membres de l&rsquo;&eacute;quipe de coordination qui &eacute;taient venus nous visiter. Le cheval, et son &laquo; chauffeur &raquo;, sont arriv&eacute;s en retard car ils sont all&eacute;s &agrave; Manma pour prendre une selle. Mais LA selle est bris&eacute;e&hellip;&nbsp; Alors ils ont mis 5 couvertures pli&eacute;es en deux sur le dos du cheval et ont maniganc&eacute; une esp&egrave;ce de selle avec de la corde.&nbsp; Je dois dire que j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; plut&ocirc;t &eacute;tonn&eacute;e par cette selle de fortune et son pseudo-confort. Mais apr&egrave;s avoir pass&eacute; 10 heures &agrave; me faire &laquo; cogner le derri&egrave;re &raquo; sur le dos d&rsquo;un cheval assez amaigri, j&rsquo;avais une certaine partie de mon anatomie un peu endolorie.&nbsp;</p>
<div style="text-align: center"><img src="http://www.msf.ca/blogs/media/IsabelleC/a%20dos%20de%20cheval.jpg" border="1" alt="a dos de cheval" width="400" height="300" /></div>
<p>Il serait difficile et un peu dangereux de se promener &agrave; cheval sur le sentier de marche.&nbsp; Alors nous sommes descendus par la route. Nous avons mis 10 heures, sous le chaud soleil, pour rejoindre notre v&eacute;hicule. La descente &agrave; dos de cheval s&rsquo;est bien pass&eacute;e.&nbsp; Le cheval &eacute;tait tr&egrave;s calme, il ne r&eacute;agissait pas du tout aux bruits des klaxons, ni aux aboiements des chiens. Son ma&icirc;tre l&rsquo;a bien dirig&eacute; et il l&rsquo;a bien nourri au cours de cette dure journ&eacute;e de labeur. Il avait apport&eacute; du ma&iuml;s dans son sac &agrave; dos et il lui trouvait du feuillage sur la route.</p>
<p>Nous avons roul&eacute; pendant une demi-heure pour s&rsquo;arr&ecirc;ter &agrave; un h&ocirc;tel-restaurant.&nbsp; Mais l&agrave;, faut pas vous imaginer le Holiday Inn!&nbsp; C&rsquo;est un bon h&ocirc;tel pour la r&eacute;gion.&nbsp; On a eu droit &agrave; une chambre pour les dames (nous &eacute;tions deux) et une pour les hommes (deux &eacute;galement).&nbsp; Un bon lit ferme qui ressemble plus &agrave; une table qu&rsquo;&agrave; un lit, l&rsquo;eau courante dans la rivi&egrave;re qui passe pas loin de l&rsquo;h&ocirc;tel et une toilette s&egrave;che &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur.&nbsp; La toilette est un luxe dans les r&eacute;gions du N&eacute;pal car la plupart des petits villages n&rsquo;ont que des toilettes &agrave; aire ouverte, c&rsquo;est-&agrave;-dire que les gens font &ccedil;a &agrave; peu pr&egrave;s n&rsquo;importe o&ugrave; (et je n&rsquo;exag&egrave;re pas, ils n&rsquo;ont m&ecirc;me pas de lieu d&eacute;sign&eacute;).&nbsp; Avant d&rsquo;aller dormir, les gars nous ont pr&eacute;par&eacute; un curry de poulet.&nbsp; Je n&rsquo;avais pas mang&eacute; de viande depuis 6 semaines!&nbsp; Ouais, j&rsquo;ai dit que c&rsquo;&eacute;tait un restaurant aussi, mais nos amis n&eacute;palais aiment bien cuisiner et ils pr&eacute;f&egrave;rent pr&eacute;parer la viande eux-m&ecirc;mes.&nbsp; C&rsquo;&eacute;tait d&eacute;licieux!</p>
<p>J&rsquo;ai tr&egrave;s bien dormi, le village &eacute;tait tranquille et j&rsquo;&eacute;tais aussi &eacute;puis&eacute;e.&nbsp; Nous avons pris la route &agrave; 6h30 :&nbsp; 10-11 heures &agrave; faire avant de joindre l&rsquo;a&eacute;roport de Nepalgunj pour prendre l&rsquo;avion vers Kathmandu.&nbsp; &Agrave; 8h00 nous avons pris un th&eacute;.&nbsp; Dans le village suivant nous avons trouv&eacute; 5-6 camions arr&ecirc;t&eacute;s&hellip; la route est bloqu&eacute;e.&nbsp; Un camion s&rsquo;est embourb&eacute; et un autre a un bris m&eacute;canique.&nbsp; Ils attendent une pi&egrave;ce de rechange qui viendra de la ville, &agrave; 6 heures de route.&nbsp; &Ccedil;a va prendre des heures!&nbsp; Pas de probl&egrave;me.&nbsp; Une ch&egrave;vre a &eacute;t&eacute; abattue ce matin, les gars vont nous cuisiner un curry.&nbsp; Nous sommes rest&eacute;s 6 heures dans ce petit village &agrave; attendre, rien &agrave; faire.&nbsp; Les camions ont finalement &eacute;t&eacute; d&eacute;plac&eacute;s, on les a d&rsquo;abord vid&eacute; de leur charge, d&eacute;plac&eacute;s, puis recharg&eacute;s.&nbsp; Nous avons donc repris la route.&nbsp; Mais nous n&rsquo;avons pas pu nous rendre &agrave; Nepalgunj en v&eacute;hicule car la route &eacute;tait bloqu&eacute;e avant Nepalgunj.&nbsp; Ils appellent &ccedil;a des &laquo; bandas &raquo;.&nbsp; Les N&eacute;palais ferment une route quand ils veulent attirer l&rsquo;attention.&nbsp; Y&rsquo;avait donc un banda suite &agrave; un assassinat, on cherche &agrave; arr&ecirc;ter le coupable.&nbsp; Et un autre parce qu&rsquo;un professeur a abus&eacute; sexuellement d&rsquo;un gar&ccedil;on.&nbsp; Alors on a d&ucirc; prendre l&rsquo;avion de Surkhet &agrave; Nepalgunj puis le vol pr&eacute;vu de Nepalgunj &agrave; Kathmandu.</p>
<p>Nous sommes arriv&eacute;s &agrave; Kathmandu samedi soir, apr&egrave;s 3 jours pass&eacute;s sur la route.&nbsp; J&rsquo;ai pris une bonne douche et j&rsquo;ai dormi comme un b&eacute;b&eacute;.</p>
<p>Dimanche, premier jour de la semaine au N&eacute;pal, je suis all&eacute;e chez le m&eacute;decin.&nbsp; J&rsquo;ai rencontr&eacute; un g&eacute;n&eacute;raliste puis un orthop&eacute;diste.&nbsp; Il dit que je me suis fait une entorse des ligaments qui entourent la rotule.&nbsp; Selon lui, dans 2-3 semaines je ne devrais plus avoir de douleur et pouvoir recommencer &agrave; marcher normalement et progressivement reprendre la marche en montagne.&nbsp; Bonne nouvelle, rien de grave, quel soulagement !&nbsp; J&rsquo;ai donc bon espoir de pouvoir me d&eacute;placer entre les villages de montagne d&rsquo;ici quelques semaines.&nbsp; Mais bon, je vais tout de m&ecirc;me faire attention et ne pas reprendre tout &ccedil;a trop vite.</p>
<p>Plut&ocirc;t que de retourner tout de suite vers les montagnes, je vais travailler dans le Tera&iuml;, r&eacute;gion du sud du N&eacute;pal pendant 2 semaines minimum.&nbsp; L&rsquo;infirmi&egrave;re qui est normalement dans ce projet me remplace dans la mission exploratrice &agrave; Dholagohe.&nbsp; Dans le Tera&iuml;, le terrain est plat et je n&rsquo;aurai pas &agrave; marcher.&nbsp; Je ferai des cliniques mobiles en v&eacute;hicule, un peu comme je faisais au Tchad.&nbsp; Lorsque je me sentirai pr&ecirc;te &agrave; marcher en montagne, je retournerai &agrave; Kalikot pour m&rsquo;entra&icirc;ner un peu avant de partir en &laquo; Outreach &raquo;.&nbsp; Je suis bien s&ucirc;re tr&egrave;s d&eacute;&ccedil;ue de ne pas pouvoir faire mon travail de &laquo; Outreach &raquo;.&nbsp; Mais au moins, je sais que je serai utile dans le Tera&iuml;. &nbsp;</p>
<p>J&rsquo;ai d&rsquo;abord pass&eacute; quelques jours &agrave; Kathmandu, ce repos m&rsquo;a fait beaucoup de bien.&nbsp; Ma m&eacute;saventure et toutes les pr&eacute;occupations qui ont suivi m&rsquo;ont compl&egrave;tement vid&eacute;e.&nbsp; J&rsquo;ai aussi profit&eacute; des qualit&eacute;s culinaires des restaurants de Kathmandu, MIUMMM !</p>
<p>Je suis arriv&eacute;e dans le Tera&iuml; jeudi apr&egrave;s-midi, apr&egrave;s un vol de 15 minutes au-dessus des montagnes et 3 heures de route sur le plat.&nbsp; La route est pas mal moins p&eacute;nible que celle des montagnes de Kalikot!&nbsp; Mon genou va d&eacute;j&agrave; un peu mieux.&nbsp; Hier soir, on a eu droit &agrave; une belle f&ecirc;te avec tout le personnel, on a chant&eacute; et dans&eacute; accompagn&eacute; de la guitare.&nbsp; C&rsquo;&eacute;tait tr&egrave;s agr&eacute;able.&nbsp; Demain matin je pars en clinique mobile avec l&rsquo;&eacute;quipe m&eacute;dicale.</p>
<div style="text-align: center"><img src="http://www.msf.ca/blogs/IsabelleC/files/2008/05/Chevre.jpg" border="1" alt="chevre" width="400" height="300" /></div>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Toute une équipe!</title>
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		<pubDate>Sat, 03 May 2008 23:45:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>isabellec</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dimanche dernier, 5h30, nous partions en exploration dans un village qui se trouve &#224; 2-3 jours de marche. Nous partons tr&#232;s t&#244;t pour &#233;viter de marcher pendant la p&#233;riode la plus chaude de la journ&#233;e. Ce village est tr&#232;s tr&#232;s &#233;loign&#233;, au fond du district de Kalikot: Dholagohe. Aucun expat n&#8217;y a jamais mis les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dimanche dernier, 5h30, nous partions en exploration dans un village qui se trouve &agrave; 2-3 jours de marche.  Nous partons tr&egrave;s t&ocirc;t pour &eacute;viter de marcher pendant la p&eacute;riode la plus chaude de la journ&eacute;e.  Ce village est tr&egrave;s tr&egrave;s &eacute;loign&eacute;, au fond du district de Kalikot:  Dholagohe.  Aucun expat n&#8217;y a jamais mis les pieds!  L&#8217;&eacute;quipe &eacute;tait compos&eacute;e d&#8217;employ&eacute;s MSF et de porteurs, une dizaine de personnes.  Il s&#8217;agit d&#8217;une r&eacute;gion qui souffre souvent d&#8217;&eacute;pid&eacute;mies de chol&eacute;ra avec plusieurs d&eacute;c&egrave;s.  Les conditions sanitaires sont apparemment pitoyables.  Nous allions voir ce que nous pouvons faire pour am&eacute;liorer la situation.  Par la m&ecirc;me occasion, nous allions &eacute;valuer l&#8217;ampleur de la malnutrition et les probl&egrave;mes de sant&eacute; en g&eacute;n&eacute;ral.  Nous allions aussi visiter deux autres villages sur notre route.  Au total la mission durera 8 jours, environ 37 heures de route &agrave; pied plus les d&eacute;placements locaux.  Peu d&#8217;eau pour l&#8217;hygi&egrave;ne, eau &agrave; boire trait&eacute;e au chlore, alimentation limit&eacute;e et conditions de vie vraiment basiques pendant 8 jours et 7 nuits.  Pas toujours facile!  Mais j&#8217;&eacute;tais quand m&ecirc;me bien excit&eacute;e.  Cela fait un mois que je suis ici et je n&#8217;ai pas encore eu l&#8217;occasion de commencer mon travail dans les villages environnants.  Car malheureusement avec la p&eacute;riode des &eacute;lections puis l&#8217;autre m&eacute;decin malade, je n&#8217;ai pas encore pu quitter l&#8217;h&ocirc;pital.</p>
<p>En fait, lundi soir nous &eacute;tions d&eacute;j&agrave; de retour &agrave; Manma.  Les choses ne se sont pas pass&eacute;es comme pr&eacute;vu.  J&#8217;avais tellement h&acirc;te de commencer mes activit&eacute;s &agrave; l&#8217;ext&eacute;rieur.  Je suis terriblement d&eacute;&ccedil;ue, surtout que c&#8217;est pour moi qu&#8217;on a d&ucirc; faire demi-tour.  Je me suis bless&eacute;e &agrave; un genou.  Je vous rassure tout de suite, je vais mieux.  J&#8217;ai v&eacute;cu toute une exp&eacute;rience pendant les 2 jours que j&#8217;ai pass&eacute; sur la route.  Une exp&eacute;rience physiquement difficile et mentalement bouleversante.</p>
<p>Nous avons quitt&eacute; l&#8217;h&ocirc;pital &agrave; 6 heures dimanche matin.  Nous avions 8 heures de marche &agrave; faire dans la journ&eacute;e.  D&#8217;abord en forte descente pendant 2 heures et demi.  Apr&egrave;s environ 30 minutes de descente, j&#8217;ai senti un malaise dans mon genou gauche, spontan&eacute;ment, sans traumatisme.  Je ne sais pas si je me suis pinc&eacute; un m&eacute;nisque ou s&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une entorse ou d&#8217;une tendinite.  Puis ce malaise est devenu pr&eacute;sent &agrave; chaque pas.  Comme les pas en mont&eacute;e et sur le plat n&#8217;&eacute;taient pas douloureux, je me suis dis que &ccedil;a devrait aller pour le reste de la journ&eacute;e.  J&#8217;endurais mon mal tout en ayant bien h&acirc;te d&#8217;arriver en bas.  J&#8217;&eacute;tais donc tr&egrave;s contente d&#8217;arriver &agrave; Lalignat et de traverser le pont vers l&#8217;autre rive sur laquelle nous allions marcher encore 5-6 heures, mais en petites mont&eacute;es et descentes.  Effectivement, les descentes n&#8217;&eacute;tant plus aussi longues, je r&eacute;ussissais &agrave; marcher assez bien, sans grande douleur.</p>
<p>Nous nous sommes arr&ecirc;t&eacute;s &agrave; 10h30 pour d&icirc;ner.  Ici, c&#8217;est comme &ccedil;a que &ccedil;a se passe.  Les N&eacute;palais prennent deux repas par jour, vers 10h30 et 20 heures.  Il s&#8217;agit de Dal-Bhat &agrave; chaque repas.  Comme nous nous sommes lev&eacute;s &agrave; 5 heures, le Dal-Bhat &eacute;tait bienvenu &agrave; 10h30.  Apr&egrave;s s&#8217;&ecirc;tre bien repus, nous avons fait une petite sieste avant de continuer.</p>
<p>Nous avons march&eacute; pendant 7 heures et demies dans la journ&eacute;e, sous le chaud soleil.  Je ralentissais la cadence &agrave; chaque descente, mais &ccedil;a allait.  Arriv&eacute;s &agrave; Bhattadi, vers 17h30, nous avons pris un th&eacute;, relaxer et fait un brin de toilette.  Au repos, je ne sentais pas de douleur dans mon genou, alors j&#8217;avais espoir qu&#8217;apr&egrave;s une nuit de repos je puisse &agrave; nouveau marcher normalement et continuer la mission vers Dholagohe.</p>
<p>Cette journ&eacute;e de marche m&#8217;a demand&eacute; beaucoup d&#8217;effort en raison de ma blessure et de la chaleur.  Je pensais dormir comme un b&eacute;b&eacute; tellement j&#8217;&eacute;tais &eacute;puis&eacute;e.  Mais je n&#8217;ai presque pas dormi de la nuit!  Il faisait une chaleur horrible dans cette vall&eacute;e.  Des chiens n&#8217;arr&ecirc;taient pas de japper.  Les propri&eacute;taires de l&#8217;auberge se d&eacute;pla&ccedil;aient sans cesse de leur chambre &agrave; la cuisine, m&#8217;&eacute;clairant le visage de leur lampe de poche &agrave; chaque fois.  Je me suis lev&eacute;e &agrave; 5 heures, pas repos&eacute;e du tout.  J&#8217;ai tout de suite fait quelques pas pour tester mon genou&hellip;  chaque pas &eacute;tait maintenant douloureux.  J&#8217;ai d&ucirc; me r&eacute;signer:  pas question de continuer vers Dholagohe.  D&#8217;abord, je ne m&#8217;imagine pas endurer cette douleur pendant une semaine de marche.  Ensuite, si cela venait &agrave; empirer il serait de plus en plus difficile de revenir vers Manma.  J&#8217;&eacute;tais d&eacute;chir&eacute;e mentalement, mais je devais me contraindre &agrave; faire demi-tour, avec toute l&#8217;&eacute;quipe.  Car il n&#8217;&eacute;tait pas possible pour l&#8217;&eacute;quipe de faire cette explo sans expat m&eacute;dical.  Apr&egrave;s tous ces efforts, apr&egrave;s toutes ces attentes, je devais me r&eacute;signer &agrave; rentrer &agrave; la maison, &agrave; l&#8217;h&ocirc;pital de Kalikot.  J&#8217;&eacute;tais d&eacute;&ccedil;ue, frustr&eacute;e et d&eacute;sol&eacute;e des cons&eacute;quences de cet incident.</p>
<p>La marche de retour vers Manma a &eacute;t&eacute; physiquement tr&egrave;s p&eacute;nible, surtout les pas en descente.  Heureusement que j&#8217;avais mes b&acirc;tons de marche.  Je pouvais alors mettre beaucoup de poids sur mes deux b&acirc;tons et ma jambe droite, lib&eacute;rant le plus possible mon genou gauche.  Toute l&#8217;&eacute;quipe marchait &agrave; mon rythme.  Deux personnes devant pour ouvrir le chemin et tout le reste de l&#8217;&eacute;quipe derri&egrave;re moi avec Meghraj, le chef d&#8217;&eacute;quipe, toujours &agrave; quelques centim&egrave;tres de moi.  Je ne le voyais pas, mais je sentais sa pr&eacute;sence, juste derri&egrave;re moi, comme un ange-gardien, surveillant chacun de mes pas et m&#8217;offrant un support moral.  Chaque pas me demandait un effort &eacute;pouvantable.  Le chemin &eacute;tait difficile, rocailleux, accident&eacute; et souvent &eacute;troit, &agrave; flanc de montagne.  Je gardais les yeux riv&eacute;s sur le sol et me concentrais sur chacun de mes mouvements.</p>
<p>Apr&egrave;s 3 heures et demies de marche, nous sommes arriv&eacute;s &agrave; Raku, village o&ugrave; nous allions prendre le Dal-Bhat.  J&#8217;&eacute;tais &eacute;puis&eacute;e, au bout de mes forces.  J&#8217;ai mang&eacute; un peu de Dal-Bhat (l&#8217;app&eacute;tit n&#8217;&eacute;tait pas au rendez-vous) et je me suis repos&eacute;e.</p>
<p>Le pont de Raku ayant &eacute;t&eacute; r&eacute;par&eacute; r&eacute;cemment, il y avait une possibilit&eacute; pour nous de revenir par un chemin plus court.  Il nous resterait alors environ 3 heures de marche.  Des membres de notre &eacute;quipe sont donc all&eacute;s explorer le pont.  Mais le pont n&#8217;&eacute;tait pas en bonne condition et avec mon handicap, il n&#8217;&eacute;tait pas prudent de passer par ce chemin.  Nous avions donc encore plus de 6 heures de marche &agrave; faire pour rentrer, dont plus de 3 heures en mont&eacute;e abrupte.  Encore 6 heures comme &ccedil;a!  Impossible.  Je n&#8217;y arriverai pas.  Je me suis mise &agrave; pleurer.  Deux options:  ou bien on dort en route et on continue le lendemain, ou bien on me porte pour une portion du chemin.  Il &eacute;tait d&eacute;j&agrave; pr&egrave;s de 13 heures.</p>
<p>L&#8217;option de dormir en route n&#8217;&eacute;tait pas tr&egrave;s attrayante.  D&#8217;abord, passer une autre nuit comme celle de la veille n&#8217;&eacute;tait pas tr&egrave;s reposant.  Puis, &agrave; la vitesse &agrave; laquelle je marchais, c&#8217;&eacute;tait un peu p&eacute;nible pour toute l&#8217;&eacute;quipe m&ecirc;me si personne ne s&#8217;en plaignait.  Imaginez les porteurs, ils portent leur fardeau pendant deux fois plus de temps!  J&#8217;en profite ici pour vous dire &agrave; quel point j&#8217;avais une &eacute;quipe extraordinaire.  J&#8217;ai senti leur support &agrave; chaque instant.  Encore aujourd&#8217;hui je suis tr&egrave;s &eacute;mue lorsque je pense &agrave; cette journ&eacute;e.</p>
<p>C&#8217;est en r&eacute;alisant que &ccedil;a allait non seulement all&eacute;ger mes souffrances mais aussi all&eacute;ger toute l&#8217;&eacute;quipe si on rentrait plus rapidement que j&#8217;ai accept&eacute; qu&#8217;on envoie un brancard et des porteurs pour me monter jusqu&#8217;&agrave; la maison.  Nous avons donc convenu que j&#8217;allais marcher jusqu&#8217;&agrave; Lalignat, environ 2 heures.  Et que de l&agrave;, j&#8217;allais &ecirc;tre port&eacute;e sur un brancard.</p>
<p>J&#8217;ai mis 2 heures et demies pour me rendre &agrave; Lalignat.  J&#8217;&eacute;tais ext&eacute;nu&eacute;e.  Quatre porteurs nous attendaient, avec un brancard.  Apr&egrave;s une petite pause, j&#8217;ai pris place sur ce dernier et nous sommes partis.  Il faut un peu piler sur son orgueil pour accepter d&#8217;&ecirc;tre port&eacute;e ainsi alors qu&#8217;en fait je pouvais encore marcher.  Si j&#8217;avais eu une jambe cass&eacute;e, cela aurait &eacute;t&eacute; plus &eacute;vident et plus facile &agrave; accepter.</p>
<p>Cela n&#8217;a pas &eacute;t&eacute; facile pour les porteurs.  Dans la premi&egrave;re partie de la mont&eacute;e, il y avait des branches d&#8217;arbres de chaque c&ocirc;t&eacute; du sentier que d&#8217;autres membres de l&#8217;&eacute;quipe devaient repousser.  L&#8217;effort &eacute;tait consid&eacute;rable pour porter ce brancard et mes 65 kg lors de cette mont&eacute;e.  Nous nous sommes arr&ecirc;t&eacute;s quelques instants avant d&#8217;entreprendre la deuxi&egrave;me partie, plus abrupte et plus &eacute;troite.  L&agrave;, c&#8217;&eacute;tait horrible&hellip; pour moi.  Les porteurs avaient beaucoup de difficult&eacute;s &agrave; passer dans l&#8217;&eacute;troitesse du sentier.  &Agrave; certains endroits, ils empruntaient m&ecirc;me les champs en terrasses pour passer.  Toute l&#8217;&eacute;quipe participait &agrave; l&#8217;effort.  Les porteurs faisaient rotation.  Les autres les tiraient par la main, d&eacute;gageaient le sentier ou me retenaient sur le brancard.  J&#8217;ai trouv&eacute; &ccedil;a terriblement p&eacute;nible d&#8217;&ecirc;tre allong&eacute;e sur un brancard, impuissante, et de sentir tous ces efforts d&eacute;ploy&eacute;s pour me ramener &agrave; domicile. </p>
<p>&Agrave; un moment le brancard a fait CRAC, une des tiges de m&eacute;tal a c&eacute;d&eacute;.  &Ccedil;a m&#8217;a fait un choc.  Je savais que je ne pouvais pas tomber.  Mais quand m&ecirc;me, quand tu es comme &ccedil;a, suspendue dans les airs sur le bord d&#8217;une falaise &agrave; regarder le ciel, que tu ne vois pas ce qui se passe, que tu ne peux que remettre ta confiance entre les mains des autres, que tu es submerg&eacute;e par la fatigue et les &eacute;motions&hellip; &ccedil;a fait peur.  Je me suis mise &agrave; pleurer.  &Agrave; partir de ce moment-l&agrave;, j&#8217;&eacute;tais comme dans un &eacute;tat second.  Derri&egrave;re mes verres fum&eacute;s et sous ma casquette, des larmes s&#8217;&eacute;coulaient continuellement de mes yeux comme le flot d&#8217;un robinet fuyant.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui j&#8217;arrive &agrave; voir cela d&#8217;une fa&ccedil;on un peu plus nuanc&eacute;e.  Pour les autres je pense ce n&#8217;&eacute;tait rien de si extraordinaire, il arrive souvent que des patients soient port&eacute;s de village en village parce qu&#8217;ils ne peuvent marcher.  Et les porteurs &eacute;taient s&ucirc;rement contents d&#8217;avoir une journ&eacute;e de travail pay&eacute;e alors qu&#8217;ils n&#8217;ont travaill&eacute; que quelques heures.  Ce fut probablement une exp&eacute;rience de travail d&#8217;&eacute;quipe, de coop&eacute;ration et de sentiment d&#8217;utilit&eacute; pour toute l&#8217;&eacute;quipe.  Ces points de vue me permettent aujourd&#8217;hui d&#8217;&ecirc;tre plus sereine vis-&agrave;-vis cette exp&eacute;rience.  Mais je peux vous dire que pendant que je la vivais, j&#8217;&eacute;tais d&eacute;faite.  Les quelques jours qui ont suivi, je ne pouvais pas y penser sans avoir les larmes aux yeux.  Sans aucun doute, cette journ&eacute;e fut une exp&eacute;rience p&eacute;nible.  Mais ce sentiment d&#8217;appartenance &agrave; une &eacute;quipe, cette collaboration, et combien d&#8217;autres &eacute;motions que je n&#8217;arrive pas &agrave; d&eacute;crire avec des mots constituent probablement les souvenirs que j&#8217;en garderai.  Cette journ&eacute;e fut une exp&eacute;rience humaine extraordinaire.</p>
<p>Cela fait maintenant 5 jours que je repose mon genou.  Il me fait encore mal lors de certains mouvements.  Je ne sais pas au juste quel est le probl&egrave;me.  Je devrai peut-&ecirc;tre aller &agrave; Katmandu pour faire des examens, mais comme il faut marcher 6 heures pour rejoindre la voiture, &ccedil;a complique un peu les choses.  J&#8217;attends de voir comment &ccedil;a &eacute;volue.  J&#8217;ai bon espoir que ce ne soit que temporaire et que je puisse un jour d&eacute;buter mes activit&eacute;s de &quot;outreach&quot;.</p>
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		<title>À l&#8217;hôpital de Kalikot</title>
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		<pubDate>Fri, 25 Apr 2008 00:40:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>isabellec</dc:creator>
				<category><![CDATA[3. Kalikot]]></category>

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		<description><![CDATA[Mercredi, 23 avril 2008 Vendredi fut une dure journ&#233;e et elle a commenc&#233; t&#244;t. Un peu apr&#232;s 6 heures, j&#8217;ai &#233;t&#233; r&#233;veill&#233;e par la voix d&#8217;un infirmier qui m&#8217;appelait par mon nom. J&#8217;ai enfil&#233; ma veste et je suis sortie. Il m&#8217;annonce que la sage-femme vient d&#8217;examiner une femme enceinte qui est en travail depuis [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Mercredi, 23 avril 2008</strong></p>
<p>Vendredi fut une dure journ&eacute;e et elle a commenc&eacute; t&ocirc;t.  Un peu apr&egrave;s 6 heures, j&#8217;ai &eacute;t&eacute; r&eacute;veill&eacute;e par la voix d&#8217;un infirmier qui m&#8217;appelait par mon nom.  J&#8217;ai enfil&eacute; ma veste et je suis sortie.  Il m&#8217;annonce que la sage-femme vient d&#8217;examiner une femme enceinte qui est en travail depuis plusieurs heures.  Elle a senti le coude ou le genou du f&oelig;tus dans le col de l&#8217;ut&eacute;rus.  Humm, ce n&#8217;est pas une bonne id&eacute;e de tenter de sortir du ventre de sa m&egrave;re de cette fa&ccedil;on.  Je suis all&eacute;e voir et examiner la patiente et la pr&eacute;sentation du f&oelig;tus n&#8217;est effectivement ni la t&ecirc;te, ni le si&egrave;ge.  La femme va bien et le rythme cardiaque du f&oelig;tus est bon.  La veille, on avait eu de la difficult&eacute; &agrave; entendre le c&oelig;ur du f&oelig;tus.  Ici, le monitoring f&oelig;tal se fait en &eacute;coutant les battements du c&oelig;ur de temps en temps &agrave; l&#8217;aide d&#8217;un bon vieux st&eacute;thoscope m&eacute;tallique conique que vous avez certainement d&eacute;j&agrave; vu dans une t&eacute;l&eacute; s&eacute;rie dans laquelle l&#8217;action se passait au d&eacute;but du si&egrave;cle.  Cet appareil fonctionne tr&egrave;s bien, mais le monitoring ne peut pas &ecirc;tre continu.  Bref, le f&oelig;tus souffre s&ucirc;rement de cette situation.  Il faut donc faire une c&eacute;sarienne d&#8217;urgence pour sauver maman et b&eacute;b&eacute;.</p>
<p>Malheureusement, la seule personne capable de faire une c&eacute;sarienne est mon coll&egrave;gue m&eacute;decin qui est en quarantaine dans sa chambre depuis qu&#8217;il a d&eacute;velopp&eacute; la varicelle!  Comme il s&#8217;agit ici de sauver des vies et qu&#8217;il vaut mieux avoir un nouveau-n&eacute; &quot;varicelleux&quot; vivant et une m&egrave;re en bonne sant&eacute;, il fera la c&eacute;sarienne malgr&eacute; sa contagiosit&eacute;.</p>
<p>&Agrave; 7h30 le b&eacute;b&eacute; &eacute;tait n&eacute;.  Il n&#8217;&eacute;tait pas bien du tout.  Il &eacute;tait cyanos&eacute; et ne faisait aucun effort de respiration.  J&#8217;ai d&ucirc; le r&eacute;animer pendant plusieurs minutes.  Il a fini par respirer normalement et devenir tout rose.  Mais ses poumons &eacute;taient remplis de liquide.  Par la suite, il a fait des arr&ecirc;ts respiratoires.  J&#8217;ai support&eacute; sa respiration en le ventilant r&eacute;guli&egrave;rement, mais je n&#8217;ai pas pu l&#8217;intuber (mettre un tube dans la trach&eacute;e pour la respiration).  Nous n&#8217;avons que des tubes pour adultes.  Aucun tube assez petit pour entrer dans la trach&eacute;e de ce b&eacute;b&eacute;.  J&#8217;ai bricol&eacute; tout ce que j&#8217;ai pu en utilisant des tubes destin&eacute;s &agrave; d&#8217;autres fins.  Mais je n&#8217;ai pas r&eacute;ussi &agrave; bricoler un syst&egrave;me de raccord avec le ballon de ventilation.  J&#8217;avais de plus en plus de difficult&eacute; &agrave; le ventiler au masque.  Ses poumons se remplissant de liquide, je devais exercer une pression de plus en plus forte pour r&eacute;ussir &agrave; faire entrer un peu d&#8217;air dans ses poumons. </p>
<p>Malgr&eacute; tous nos efforts il est d&eacute;c&eacute;d&eacute; &agrave; 8 heures de vie.  J&#8217;ai pass&eacute; plusieurs de ces heures &agrave; tenter de le r&eacute;animer.  J&#8217;ai trouv&eacute; &ccedil;a tr&egrave;s difficile de ne pas r&eacute;ussir.  Je trouvais surtout cela frustrant de ne pas avoir les moyens pour l&#8217;aider ad&eacute;quatement.  Je ne veux pas dire qu&#8217;il ne serait pas mort s&#8217;il &eacute;tait n&eacute; au Qu&eacute;bec, mais au moins il aurait eu plus de chances.  Et surtout, on aurait su plus vite qu&#8217;il ne se pr&eacute;sentait pas de la bonne fa&ccedil;on, qu&#8217;il souffrait dans l&#8217;ut&eacute;rus et on aurait fait une c&eacute;sarienne plus t&ocirc;t.  Mais ici, c&#8217;est fr&eacute;quent les nouveau-n&eacute;s qui ne survivent pas alors le personnel infirmier et m&ecirc;me les parents ne r&eacute;agissent pas tant que &ccedil;a &agrave; la mort.  Moi j&#8217;ai trouv&eacute; &ccedil;a pas mal dur.  Dans notre culture, la mort d&#8217;un enfant c&#8217;est la catastrophe alors qu&#8217;ici on ne s&#8217;attache pas trop t&ocirc;t &agrave; un nouveau-n&eacute; car on sait que ses chances de survie sont faibles.  Le bon c&ocirc;t&eacute; de cette histoire c&#8217;est qu&#8217;on a pu sauver la m&egrave;re, elle va bien.  Si, comme la plupart de femmes de la r&eacute;gion, elle avait accouch&eacute; toute seule, dans la paille, avec les b&oelig;ufs, elle n&#8217;aurait pas eu de c&eacute;sarienne et serait probablement d&eacute;c&eacute;d&eacute;e aussi.</p>
<p>Cela fait deux semaines que je fais la tourn&eacute;e des patients hospitalis&eacute;s &agrave; tous les matins.  C&#8217;est incroyable toutes les pathologies que j&#8217;ai rencontr&eacute;es jusqu&#8217;&agrave; maintenant.</p>
<p>&nbsp;</p>
<ul>
<li>L&#8217;homme ayant fait une r&eacute;action allergique s&eacute;v&egrave;re &agrave; une piq&ucirc;re d&#8217;abeille dont je vous ai d&eacute;j&agrave; parl&eacute;.</li>
<li>Un gar&ccedil;on de 10 ans souffrant de pancytop&eacute;nie (d&eacute;ficit en globules rouges et blancs et plaquettes).  Il n&#8217;y a aucun moyen d&#8217;investigation et de traitement disponible pour lui au N&eacute;pal (il aurait besoin d&#8217;une biopsie et s&ucirc;rement d&#8217;une greffe de la moelle osseuse).</li>
<li>Une femme dans la cinquantaine souffrant de gangr&egrave;ne de la jambe droite jusqu&#8217;au genou.  On l&#8217;a transf&eacute;r&eacute;e &agrave; l&#8217;h&ocirc;pital de Nepalgunj pour amputation.  Elle passera 2 jours dans un autobus pour s&#8217;y rendre.</li>
<li>Un vieil homme souffrant d&#8217;occlusion intestinale, il a probablement un cancer.  On l&#8217;a transf&eacute;r&eacute; &agrave; Nepalgunj aussi, on n&#8217;a pas de nouvelles de son &eacute;volution.</li>
<li>Un gar&ccedil;on d&#8217;un an souffrant de malnutrition s&eacute;v&egrave;re et de pneumonie.</li>
<li>Deux femmes dans la trentaine parapl&eacute;giques suite &agrave; un accident.  Elles sont alit&eacute;es toute la journ&eacute;e et elles souffrent de plaies de pression.</li>
<li>Un vieil homme souffrant de diab&egrave;te.  Le seul traitement disponible ici est la correction de la di&egrave;te.   Dans un pays o&ugrave; le riz est &agrave; la base de tous les repas (les N&eacute;palais actifs mangent 1 kg de riz par jour!), il n&#8217;est pas facile d&#8217;avoir une di&egrave;te faible en glucides.</li>
<li>Un jeune gar&ccedil;on souffrant de br&ucirc;lures s&eacute;v&egrave;res (suite &agrave; un feu de broussailles).  Pour survivre, il faudrait l&#8217;amputer des 4 membres.  Mais une fois amput&eacute;, ses chances de survie sont tr&egrave;s faibles car il resterait d&eacute;pendant tout sa vie.  Son p&egrave;re a refus&eacute; les amputations.</li>
<li>Un homme de 30 ans s&#8217;&eacute;tant coup&eacute; le pouce avec une hache.</li>
<li>&#8230;</li>
</ul>
<p>Je vais m&#8217;arr&ecirc;ter ici pour la liste des souffrances.  Regardons les choses d&#8217;une mani&egrave;re plus positive maintenant.</p>
<p>Avant l&#8217;arriver de MSF, il n&#8217;y avait ici qu&#8217;un petit centre de sant&eacute; non fonctionnel.  Maintenant, nous consultons pr&egrave;s de 2000 patients par mois.  Les patients font jusqu&#8217;&agrave; 3 jours de marche pour venir &agrave; l&#8217;h&ocirc;pital.  Nous faisons environ 80 admissions par mois et 20 accouchements.  Nous pouvons faire des c&eacute;sariennes et autres chirurgies d&#8217;urgence au besoin.  Nous offrons aussi des visites pr&eacute; et post natales, des conseils et des moyens de contraception ainsi que des avortements th&eacute;rapeutiques ou d&eacute;sir&eacute;s.</p>
<p>On ne peut pas sauver tout le monde, mais on peut sauver beaucoup de vies et all&eacute;ger beaucoup de souffrances avec les activit&eacute;s de MSF &agrave; Kalikot.</p>
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		<title>Le Népal</title>
		<link>http://msf.ca/blogs/IsabelleC/2008/04/13/11/</link>
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		<pubDate>Mon, 14 Apr 2008 00:16:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>isabellec</dc:creator>
				<category><![CDATA[2. Information sur le Népal]]></category>

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		<description><![CDATA[Dimanche, 13 avril 2008 ou 01-01-2065, nouvel an népalais Bonne et heureuse année 2065! Ben oui, aujourd&#8217;hui on fête le nouvel an népalais, Bisket Jatra. C&#8217;est congé. J&#8217;en profite pour vous écrire! Bien sûr on assure une présence à l&#8217;hôpital pour les patients admis et les potentielles urgences. Malheureusement, on ne peut pas participer aux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><b>Dimanche, 13 avril 2008 ou 01-01-2065, nouvel an népalais</b></p>
<p style="font-weight: bold;">Bonne et heureuse année 2065!</p>
<p>Ben oui, aujourd&#8217;hui on fête le nouvel an népalais, Bisket Jatra.  C&#8217;est congé.  J&#8217;en profite pour vous écrire!  Bien sûr on assure une présence à l&#8217;hôpital pour les patients admis et les potentielles urgences.</p>
<p>Malheureusement, on ne peut pas participer aux festivités.  En raison des élections récentes, nous sommes confinés à demeurer sur le terrain de l&#8217;hôpital.</p>
<p>Jeudi dernier, 10 avril, les Népalais ont voté pour élire une assemblée constitutionnelle.  Actuellement, le Népal est une monarchie parlementaire ayant comme chef d&#8217;état le roi et comme chef de gouvernement le Premier ministre. Le roi actuel est le dernier roi à avoir dirigé le pays.  On commence à annoncer les résultats des différents bureaux de vote mais cela prendra encore plusieurs jours avant de connaître le résultat final.  D&#8217;ici là, certaines tensions peuvent survenir entre les différents partis politiques ce qui peut mener à quelques bagarres.  C&#8217;est pourquoi il est plus prudent pour nous de se tenir à l&#8217;écart des rassemblements publics.  Tout est calme dans Kalikot.</p>
<p>Le Népal est situé dans le sous-continent indien, entouré par l&#8217;Inde et le Tibet (Chine).  C&#8217;est un des pays les plus pauvres, malgré sa richesse en paysages naturels et trésors culturels.  Le Népal est bien connu des randonneurs et des grimpeurs en quête d&#8217;aventure.  Moi-même j&#8217;y suis venue en 2003 pour y faire un trek dans la vallée de l&#8217;Everest.  C&#8217;est un pays très montagneux, on y retrouve 10 des 14 plus hauts sommets du monde, dont l&#8217;Everest (Sagarmatha en népali), le point culminant de la planète à 8848m.  Le Sud du Népal est occupé par les plaines du Teraï (environ 150m au-dessus du niveau de la mer), puis il y a successions de chaînes de montagnes sur toute la longueur du pays, de plus en plus hautes, jusqu&#8217;à l&#8217;Himalaya.</p>
<p>Géographiquement, le Népal peut être divisé en quatre régions naturelles.</p>
<ol>
<li> Le Teraï abrite environ 47% de la population népalaise.  On y trouve quelques grandes villes, mais la plupart de la région est constituée de petits villages de 40-50 maisons au centre de vastes champs cultivés.</li>
<li> Les montagnes du centre, une bande de 60 km de largeur, occupée par 45% de la population.  La plupart des grandes villes s&#8217;y trouvent:  Kathmandu, Pokhara, Jumla, Patan, etc.</li>
<li> L&#8217;Himalaya, région hostile où vivent moins de 8% des Népalais.  La plupart des villages se trouvent entre 3000 et 4000 m d&#8217;altitude.</li>
<li> Le Trans-Himalaya dans l&#8217;Ouest, une haute région désertique, semblable au plateau tibétain.</li>
</ol>
<p>Les régions montagneuses occupant les deux-tiers du pays rendent difficile la construction de routes et autres infrastructures.  Il n&#8217;y a que 8500 km de routes pavées au Népal, ce qui contribue à l&#8217;isolement des différentes régions.  La plupart des déplacements se font à pied sur d&#8217;étroits sentiers.</p>
<p>Le tourisme occupe une place importante dans l&#8217;économie du Népal mais l&#8217;aide étrangère demeure essentielle, tout comme le commerce avec l&#8217;Inde.  La plupart de la population dépend de l&#8217;agriculture et environ 40% des Népalais vivent dans la pauvreté.  Le Népal en bref:</p>
</p>
<ul>
<li>Intitulé officiel du pays:  Royaume du Népal</li>
<li>Population:  28,2 millions (NU, 2007)</li>
<li>Capitale:  Kathmandu, ville très polluée, bruyante et poussiéreuse</li>
<li>Superficie:  147 181 km&#61447;, 800km de longueur par 200 km de largeur</li>
<li>Langues:  Nepali surtout et dialectes locaux</li>
<li>Religions principales:  Hindouisme, Bouddhisme et minorité musulmane</li>
<li>Espérance de vie:  63 ans (H) et 64 ans(F) (NU)</li>
<li>Unité monétaire:  la roupie népalaise,  1$CND = 63 NPR environ, 1&#1028; = 100NPR</li>
<li>Drapeau:  le drapeau népalais est le seul drapeau national qui ne soit pas quadrilatéral, il est constitué de 2 triangles</li>
<li>Décalage horaire: + 9 heures 45 par rapport au Québec (heure GMT + 5 heures 45)</li>
</ul>
<p>À Kalikot, de février à avril, c&#8217;est la fin de la saison sèche.  Le climat est très agréable.  Il fait autour de 25 degrés Celsius le jour, sous le soleil cela paraît comme 30 ou plus.  Aussitôt qu&#8217;on est à l&#8217;ombre ou qu&#8217;il vente, ça devient frisquet.  Et lorsqu&#8217;il pleut, avec le degré d&#8217;humidité qui augmente, on a froid.  Le climat a changé rapidement, les premiers soirs que j&#8217;ai passé à Kalikot, on avait froid.  Mais maintenant, il fait bon tous les jours et soirs.  Mais il ne faut pas attendre trop tard en fin de journée pour prendre une douche (à l&#8217;eau froide) si on ne veut pas frissonner!  L&#8217;inconvénient avec toute cette sécheresse, c&#8217;est que la poussière réduit la visibilité, les montagnes sont dans la brume et on ne voit pas très loin dans la vallée, sauf pendant quelques heures après une bonne pluie où la visibilité est très nette.  </p>
<p>La chaleur et le degré d&#8217;humidité vont augmenter au cours des prochains mois et la mousson débutera autour de la mi-juin.  Pendant la mousson, les routes sont impraticables en raison de la boue et le seul moyen de transport entre Kalikot et la ville sera l&#8217;hélicoptère alors il n&#8217;y aura pas beaucoup de mouvements entre juin et septembre.</p>
<p>Vous pouvez situer Kalikot et le Népal à l&#8217;aide de Google Earth (Kalikot, Nepal).  Pour en savoir plus sur le Népal, je vous invite à visiter le site web de BBC:  <a href="http://www.bbc.com/"  target="_blank">www.bbc.com</a> (cf &#8220;Nepal&#8221; puis &#8220;Country Profile of Nepal&#8221;).</p>
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		<title>Biographie:  Docteur Isabelle</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Apr 2008 17:51:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>isabellec</dc:creator>
				<category><![CDATA[0. Biographie]]></category>

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		<description><![CDATA[Isabelle Chotard, 35 ans, canadienne. J&#8217;ai un pied-à-terre dans la ville de Québec. J&#8217;ai travaillé comme médecin d&#8217;urgence au Centre Hospitalier de l&#8217;Université Laval à Québec pendant plus de 5 ans, puis maintenant comme médecin dépanneur dans différentes régions du Québec entre mes missions avec MSF. J&#8217;aime découvrir le monde, sa nature et ses gens. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img title="Isabelle Chotard" alt="Isabelle Chotard" src="http://www.msf.ca/blogs/IsabelleC/files/2008/04/ZA___Kalikot_vertical2.JPG" height="498" width="400" /></p>
<p>Isabelle Chotard, 35 ans, canadienne. J&#8217;ai un pied-à-terre dans la ville de Québec.</p>
<p>J&#8217;ai travaillé comme médecin d&#8217;urgence au Centre Hospitalier de l&#8217;Université Laval à Québec pendant plus de 5 ans, puis maintenant comme médecin dépanneur dans différentes régions du Québec entre mes missions avec MSF.</p>
<p>J&#8217;aime découvrir le monde, sa nature et ses gens. J&#8217;ai fait de multiples voyages par intérêt personnel avant de partir en mission avec MSF.</p>
<p>En travaillant pour MSF, j&#8217;ai trouvé une façon de rallier mes intérêts pour la santé, les gens et leurs différentes cultures. J&#8217;ai fait une mission de 6 mois en République Démocratique du Congo en 2005 puis au Tchad en 2006-2007, à la frontière du Darfour, Soudan.</p>
<p>Maintenant je suis en mission au Népal pour 6 mois, dans la région de Kalikot. Notre projet est constitué de deux volets: les soins de santé à l&#8217;hôpital de district et ce qu&#8217;on appelle le &#8220;Outreach&#8221;, c&#8217;est-à-dire les soins dans des villages éloignés de l&#8217;hôpital.</p>
<p>Je vous invite à lire mon blog si vous voulez en savoir plus sur les activités de MSF au Népal et sur ce que j&#8217;y vis.</p>
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		<title>Tempête à Kalikot</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Apr 2008 23:07:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>isabellec</dc:creator>
				<category><![CDATA[3. Kalikot]]></category>

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		<description><![CDATA[Samedi, 12 avril 2008 Quand il y a un orage ici, c&#8217;est quelque chose!On a eu droit à un beau spectacle de sons et lumières hier soir.Des éclairs et du tonnerre à n&#8217;en plus finir, pendant plusieurs heures. Au début, j&#8217;avais un peu peur.C&#8217;est que lorsque la pluie tombe sur ces toits de tôle, ça [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><b><br />
Samedi, 12 avril 2008</b>
</p>
<p>
Quand il y a un orage ici, c&#8217;est quelque chose!On a eu droit à un beau spectacle de sons et lumières hier soir.Des éclairs et du tonnerre à n&#8217;en plus finir, pendant plusieurs heures.
</p>
<p>
Au début, j&#8217;avais un peu peur.C&#8217;est que lorsque la pluie tombe sur ces toits de tôle, ça fait un bruit horrible, tu as l&#8217;impression que le toit va te tomber sur la tête.Surtout lorsque ce sont des grêlons de 1 cm qui tombent!Il est vrai qu&#8217;avec la mousson qui s&#8217;en vient, les structures ont besoin d&#8217;être solides.Lorsque j&#8217;ai été convaincue de la solidité de mon abri, j&#8217;ai vraiment commencé à apprécier le spectacle.
</p>
<p>
Les lumières:des éclairs de tous les côtés, entre les montagnes ou derrière les montagnes, créant des ombres grandioses autour de nous.Les sons:le merveilleux chant de la pluie qui tombe et les coups de tonnerre qui viennent battre la mesure de temps en temps.
</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt;" align="center"><img style="vertical-align: middle;" src="http://www.msf.ca/blogs/IsabelleC/files/2008/04/Temp_te.JPG" height="300" width="400" /></p>
<p>Il est difficile de décrire ce qui m&#8217;entoure, mais je vais essayer. Nous sommes presqu&#8217;au sommet d&#8217;une montagne, entouré sur 360 degrés d&#8217;autres sommets plus élevés. J&#8217;ai l&#8217;impression d&#8217;être tout près du sommet du monde et de l&#8217;observer autour de moi. C&#8217;est vrai qu&#8217;il n&#8217;est pas très loin d&#8217;ici d&#8217;ailleurs le toit du monde, l&#8217;Everest. Avec l&#8217;effet entonnoir créé par les montagnes, j&#8217;entends tous les sons qui proviennent de la vallée, entremêlés. J&#8217;entends les rugissements de la rivière Karnali, les chants des chacals la nuit et les hurlements des chiens qui leur répondent, les cris des enfants le jour, les grognements des tracteurs qui tentent d&#8217;escalader les montagnes, etc. Bientôt ce sera moi qui tenterai d&#8217;escalader les montagnes et qui émettrai les sons plaintifs de l&#8217;effort déployé.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Promenade du soir</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Apr 2008 16:54:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>isabellec</dc:creator>
				<category><![CDATA[General]]></category>

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		<description><![CDATA[Mardi, 8 avril 2008 ou 26/12/2064. Hier soir, après ma journée de travail, je suis allée prendre une marche autour de l&#8217;hôpital avec des collègues. Alors que nous nous baladions, nous avons aperçu une jeune femme qui pleurait. À ses côtés, au sol, gisait un homme. Nous nous sommes approchés. L&#8217;homme était à peine conscient, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mardi, 8 avril 2008 ou 26/12/2064.</p>
<p><img title=Montagnes_de_Kalikot.JPG height=360 alt=Montagnes_de_Kalikot.JPG src="http://www.msf.ca/blogs/IsabelleC/files/2008/04/Montagnes_de_Kalikot.JPG" width=480 /></p>
<p>Hier soir, après ma journée de travail, je suis allée prendre une marche autour de l&#8217;hôpital avec des collègues. Alors que nous nous baladions, nous avons aperçu une jeune femme qui pleurait. À ses côtés, au sol, gisait un homme. Nous nous sommes approchés. L&#8217;homme était à peine conscient, son pouls à peine perceptible.Selon sa fille, il s&#8217;est effondré par terre. Il revenait des champs et ne se sentait pas bien.</p>
<p>Comme l&#8217;hôpital était juste à côté, l&#8217;un d&#8217;entre nous est allé chercher un brancard et nous avons transporté l&#8217;homme à l&#8217;hôpital. Son pouls était toujours très faible et sa tension artérielle imperceptible parce que trop basse. L&#8217;homme gémissait mais ne prononçait aucun mot compréhensible (par les Népalais bien sûr!). Nous lui avons installé des voies veineuses pour débuter une perfusion. En l&#8217;examinant, nous avons noté une éruption cutanée de type allergique. J&#8217;ai pensé qu&#8217;il faisait une réaction allergique grave à une piqûre d&#8217;insecte, d&#8217;abeille ou à une morsure de serpent. Nous lui avons donc administré la médication nécessaire. Après plusieurs doses de médicaments, son pouls est devenu un peu plus fort et plus rapide, mais seulement à 76 battements par minute. Les réactions allergiques graves se présentent habituellement avec un pouls très rapide. Il ne présente pas les signes typiques. Chez nous, j&#8217;aurais pensé qu&#8217;il prenait un médicament contre l&#8217;hypertension artérielle (des ß-bloqueurs) ce qui pourrait expliquer sa situation. Mais ici, personne ne prend de médicament contre l&#8217;hypertension. Je me suis demandé s&#8217;il avait mangé quelque chose detoxique, d&#8217;empoisonné, mais les gens disaient qu&#8217;il n&#8217;y avait rien de poison à ce temps-ci de l&#8217;année dans les champs. Il a fallu vraiment plusieurs doses d&#8217;adrénaline et même d&#8217;atropine avant qu&#8217;il s&#8217;améliore et qu&#8217;on puisse percevoir sa tension artérielle. Puis son état de conscience s&#8217;est amélioré progressivement. On lui a demandé s&#8217;il se souvenait de ce qui s&#8217;était passé et il s&#8217;est rappelé avoir été piqué par une abeille. C&#8217;était bien ça donc : une réaction allergique TRÈS grave à une piqûre d&#8217;abeille. J&#8217;ai compris par la suite que son pouls n&#8217;était pas très rapide, parce qu&#8217;à l&#8217;état normal, les gens d&#8217;ici ont un pouls autour de 50/min. Ils sont tous en grande forme physique, comme des athlètes, à force de marcher dans les montagnes quotidiennement. Ils ont donc des muscles cardiaques très forts qui n&#8217;ont pas besoin de battre plus vite pour être efficaces.</p>
<p>Ce matin, notre patient se porte très bien. Il est bien informé du danger qu&#8217;il court lors d&#8217;une prochaine piqûre d&#8217;abeille. Chez nous, cet homme aurait un Epi-Pen avec lui en tout temps afin de pouvoir être traité rapidement en cas de réaction allergique sévère. Mais ici on ne trouve pas d&#8217;injecteur simple et rapide d&#8217;adrénaline. On peut seulement lui dire qu&#8217;il doit rapidement se présenter à l&#8217;hôpital s&#8217;il est piqué par une abeille une autre fois. Je crois que cet homme a été très chanceux hier soir. J&#8217;espère qu&#8217;il recevra des soins à temps si cette situation se présente à nouveau. </p>
<p>
]]></content:encoded>
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		<title>Arrivée à Kalikot</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Apr 2008 16:31:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>isabellec</dc:creator>
				<category><![CDATA[1. Arrivée au Népal]]></category>
		<category><![CDATA[General]]></category>

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		<description><![CDATA[District de Kalikot, Népal Samedi, 5 avril 2008 ou 24 Chaitra 2064 selon le calendrier népalais. Je suis enfin arrivée à Kalikot, plus d&#8217;une semaine après avoir quitté le Canada. La route fut longue et difficile. Mais ce matin j&#8217;ai déjeuné à l&#8217;extérieur, sous le soleil, en écoutant le chant des oiseaux, admirant les montagnes&#8230; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="FONT-WEIGHT: bold">District de Kalikot, Népal</p>
<p>Samedi, 5 avril 2008 ou 24 Chaitra 2064 selon le calendrier népalais.</p>
<p>Je suis enfin arrivée à Kalikot, plus d&#8217;une semaine après avoir quitté le Canada. La route fut longue et difficile. Mais ce matin j&#8217;ai déjeuné à l&#8217;extérieur, sous le soleil, en écoutant le chant des oiseaux, admirant les montagnes&#8230; bonheur total!</p>
<p>Depuis mon départ, je suis passée par Amsterdam pour des briefings. Puis je me suis envolée vers le Népal en passant par Londres et Delhi (6 heures d&#8217;attente). Je suis arrivée à Kathmandu, capitale du Népal, 22 heures plus tard. Aux cours de ces 72 heures, je n&#8217;ai dormi que 5 heures, en 2 fois!J&#8217;étais zombie en arrivant au Népal. Une bonne nuit de sommeil de 12 heures à Kathmandu et me voilà fraîche et dispo, déjà adaptée aux 9h45 de décalage horaire. Nouveaux briefings à Kathmandu, entrevue avec le conseil médical du Népal pour mon permis de travail comme médecin, puis déplacements encore, vers ma destination finale: Kalikot.</p>
<p>Kalikot est un district dans une région très reculée du mid-ouest du Népal. J&#8217;ai fait le trajet avec le coordonnateur médical des projets de MSF au Népal. Nous avons d&#8217;abord pris l&#8217;avion de Kathmandu à Nepalganj (vol de 80min), où j&#8217;ai passé une bonne nuit dans un hôtel agréable. Lundi, à 6 heures, nous avons pris la route vers Khidki Jyula à bord d&#8217;un véhicule 4X4 bien adapté à la piste qui nous attendait.</p>
<p><img title=Rivi_re_Karnali.JPG height=640 alt=Rivi_re_Karnali.JPG src="http://www.msf.ca/blogs/IsabelleC/files/2008/04/Rivi_re_Karnali.JPG" width=480 /></p>
<p>Au début la route est asphaltée, tout va bien. Mais notre chauffeur est un peu endormi, alors on s&#8217;arrête pour du thé et des beignets.Nous reprenons la route, zigzagant à travers la forêt. On se croirait presqu&#8217;au Québec, le sol est pavé de feuilles mortes colorées. Nous traversons un parc national, des singes traversent la route devant nous. OK, je ne suis plus au Québec!Nous nous arrêtons pour déjeuner à Surkhet 4 heures plus tard : oeufs brouillés et rôties de pain blanc.</p>
<p>Par la suite, ce n&#8217;est plus la même chose, la &#8220;route&#8221; est très cahoteuse, inconfortable et poussiéreuse mais les superbes paysages me font oublier ces désagréments. Nous passons un col de montagne et s&#8217;ouvre devant nous une superbe vallée. Une rivière turquoise bordée de plages de sable blanc et entourée de montagnes à perte de vue. Des montagnes décorées de cultures en terrasse, du blé principalement. Notre route oscille entre la rivière au fond de la vallée et les rebords pentus des montagnes. De nouveaux éléments viennent changer le panorama à chaque instant. Un petit village avec des toits de chaume, un pont suspendu surplombant la rivière, un autobus bondé de monde transportant des bagages et même des gens sur son toit, des porteurs ayant une charge énorme sur le dos, etc.</p>
<p align=center><img title=Cultures_en_terrasse.JPG height=300 alt=Cultures_en_terrasse.JPG src="http://www.msf.ca/blogs/IsabelleC/files/2008/04/Cultures_en_terrasse.JPG" width=400></p>
</p>
<p>Nous nous arrêtons le midi dans un village. Je suis surprise de voir que les gens, même les enfants, ne portent pas trop attention à notre présence. Nous sommes pourtant dans un endroit très reculé où les étrangers ne mettent pas souvent les pieds. J&#8217;ai l&#8217;impression d&#8217;être presque invisible. Cela me fait tout drôle en comparaison avec l&#8217;Afrique où tous les enfants nous saluent et nous sourient. Après quelques minutes, certains enfants s&#8217;approchent, nous observent, nous saluent puis retournent assez rapidement à leurs occupations.</p>
<p>Nous arrivons à Khidki Jyula vers 18h00, nous y passerons la nuit.Au total, nous avons roulé pendant 12 heures, excluant quelques arrêts. On nous offre un thé népalais à notre arrivée : une bonne dose d&#8217;énergie. Il s&#8217;agit d&#8217;un thé au lait, épicé et sucré, très savoureux. Plus tard, nous avons droit au dal-bhat, le mets traditionnel népalais composé de lentilles et de riz. Puis c&#8217;est l&#8217;heure du dodo sur une planche de bois bien dure. C&#8217;est très réparateur pour les dos endoloris par les kilomètres de piste de sable et de roches. J&#8217;ai passé une très bonne nuit.</p>
<p>Mardi, 6 heures du matin, réveil et préparatifs pour la longue marche vers Kalikot. Nous continuerons à pied parce qu&#8217;à partir d&#8217;ici la route vers Manma est trop dangereuse. Nous avons apporté des médicaments de Kathmandu et du matériel de Nepalgunj. Nous ferons donc le trajet avec 11 porteurs qui transporteront tout cela sur leurs dos.</p>
<p>D&#8217;abord nous traversons la rivière Karnali par un petit pont. Nous la longerons toute la journée. Je vous l&#8217;ai déjà dit, mais je le répète : la rivière est turquoise et bordée de plages de sable blanc. On se croirait en Thaïlande, c&#8217;est superbe. Nous marchons au fond de la vallée pendant plusieurs heures. Le soleil me tape sur la tête. Je manque d&#8217;énergie. Je n&#8217;ai avalé qu&#8217;un morceau de gâteau aux fruits et un thé au déjeuner. Les Népalais ne mangent pas au réveil.Ils attendent jusqu&#8217;à 10h30 environ et mangent le dal-bhat. Tout ce que notre guide a apporté à manger c&#8217;est une barre de chocolat SNICKERS qui me fond sur les doigts. Nous nous arrêtons vers 11h, finalement, pour manger des nouilles&#8230; oh la la, elles sont très épicées (j&#8217;en ai mal à l&#8217;estomac depuis, j&#8217;espère que je vais m&#8217;y habituer!).</p>
<p>Ensuite, nous reprenons la marche pour la montée vers l&#8217;hôpital (740m de dénivelé, très abrupte). À mi-chemin nous prenons un thé au &#8220;tea shop&#8221; pour nous donner l&#8217;énergie nécessaire pour la dernière montée.Heureusement, le soleil s&#8217;est caché derrière les nuages. Sous cette chaleur, j&#8217;ai du mal à maintenir ma température corporelle normale. J&#8217;ai bu 3 à 4 litres d&#8217;eau au cours des 6 heures de marche. Wow, dire que je suis ici pour le programme &#8220;outreach&#8221;, ce qui veut dire que je vais marcher beaucoup!Va falloir que je m&#8217;habitue, et que je m&#8217;entraîne. Au moins, l&#8217;altitude n&#8217;est pas très élevée.L&#8217;hôpital se trouve à 1500m. On y arrive vers 14heures, pas mal fatigués.</p>
<p align=center><img title=H_pital_du_district_Kalikot.JPG style="VERTICAL-ALIGN: middle" height=300 alt=H_pital_du_district_Kalikot.JPG src="http://www.msf.ca/blogs/IsabelleC/files/2008/04/H_pital_du_district_Kalikot.JPG" width=400></p>
<p>L&#8217;hôpital de Kalikot : mon nouveau chez-moi. Un endroit incroyable, superbe, calme, au milieu des montagnes. Des sommets de 3000-4000m. Le plus haut qu&#8217;on aperçoit est de 4202m, il y est tombé de la neige le jour de mon arrivée. Vous devez avoir moins de neige à Québec parce qu&#8217;apparemment, j&#8217;en ai apporté avec moi à Amsterdam et même à Kalikot!</p>
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